DEVELOPPEMENT DURABLE. COM - 6 Janvier 2009


Votre dernier voyage sera-t-il écolo ?

 

L’être humain est un pollueur. Il pollue toute sa vie et même après sa mort. Son cercueil, de bois massif est couvert de vernis et autres peintures toxique à l’origine d’émissions importantes de CO2 et qui endommagent les nappes phréatiques. Les crémations quant à elles ne sont pas plus écologiques, le cercueil en bois se consomme en 2 heures environ, nécessite d’importantes quantités de gaz et génèrent des émissions nocives. Alors, en cette période de crise environnementale et économique, des alternatives voient le jour.

 

Si la tradition des pays latins comme la France peine à opter pour des enterrements écologiques et moins onéreux, d’autres pays de l’Europe du nord n’hésitent pas à franchir le pas pour leurs proches défunts. Tandis que les croque-morts voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces solutions alternatives plus économiques, ils s’organisent pour préserver leurs cercueils traditionnels.

 

 

Les cercueils bios se décomposent mieux

 

Plus question d’abattre un arbre pour enterrer le corps du défunt. Il s’agit là de préserver l’environnement. Le brevet des cercueils écologiques fut déposer le 12 mai 1998, 10 ans plus tard, les premiers cercueils écolo sont commercialisés. Ces nouveaux cercueils « verts » existent en carton. Livrés à plat, prêt à plier, ils affichent des performances énergétiques bien meilleures que leurs ancêtres. Ils ne produiraient que 15 % des émanations d’une « bière » traditionnelle lors de la crémation. Dans le cas où il est enterré sous terre, le cercueil écologique s’écroule rapidement sous le poids de la terre, et la décomposition est hâtée. Une année suffit pour que le tout soit entièrement désagrégé.

 

L’association de Calais Ca cartonne , spécialisée normalement dans les meubles en carton, en a fait son créneau en lançant le prototype à 180 €, fabriqué en cylindre de papier recyclé, peinture à l’eau et poignées amovibles. Ce « cercueil résiste à 130 kg mais n’est destiné qu’à la crémation » expliquent Chris Vermeulen.

 

La chaîne de fabrication de Georges Braissant commercialise ses 500 000 cercueils en carton plein par an à travers l’Europe et jusqu’en Argentine. L’entreprise reste encore confrontée à la réticence des pompes funèbres et au « lobby du bois », « à 350 euros, on est de mauvais augures pour le marché ! », estime le fondateur.

 

Si le carton ne convainc pas, il existe aussi les cercueils « verts » en bois majoritairement français et toujours éco certifiés, sans solvants, ni colle de synthèse, doublés d’un capiton à base d’amidon de maïs ou de cellulose du pin. Ces solutions alternatives, représentent aujourd’hui 15 % des ventes des Pompes funèbres générales.

 

Plus improbable que le carton, en Angleterre, Hazel Selina, propose des sarcophages anatomiques en papier recyclé. En Italie design et écologie font bon ménage au pays des croques-morts. Un couple de designer a conçu la Capsula Mundi, un oeuf géant en bioplastique, qui placé aux racines d'un arbre, l'aide à se développer. Le défun y est placé en position foetale.

 

De l’exotisme pour le grand voyage…

 

Des alternatives aux cimetières et aux crémations voient peu à peu le jour du fait de la pression foncière et des pollutions causés par les émissions des cimetières traditionnels. En France, une manière originale de pérenniser l’âme du défunt dans un parc de 4,5 hectares, situé à Pruillié près d’Angers a été inaugurée en 2004.

 

Les pierres tombales, classiquement constituées de marbres importés aujourd’hui d’Inde ou de Chine, sont remplacés par des arbres. Les cendres du défunt sont placées entre les racines de l’arbre. 50 disparus y ont trouvé leurs repos, leurs proches viennent s’y recueillir, et passer du temps auprès de leurs proches au pied des arbres.

 

Sur le même concept, en Grande Bretagne, les « Woodlands-Burials » proposent de remplacer la pierre tombale, par un arbre planté pendant la cérémonie... Le bois des cercueils est remplacé par des matériaux alternatifs tels que du carton recyclé ou du bambou. Outre-manche plus de 200 cimetières ont vu le jour depuis 1993 !

 

Au Canada, les cimetières verts connaissent aussi beaucoup de succès. Ces cimetières sont en faites des forêts parsemées de clairière où les arbres portent des écriteaux, les plus discrets possibles. L’ensemble est géré comme une réserve naturelle, ouverte à tous.

 

Dans l’Utah, aux Etats-Unis, les pompes funèbres municipales de Bountiful propose un enterrement écologique avec un cercueil biodégradable. Les corps n’y sont pas embaumés pour éviter l’utilisation de conservateurs chimiques. La famille des défunts peut choisir un enterrement « vert », le corps pourra ainsi reposer dans un cadre idyllique aux fleurs de mille couleurs sur les hauteurs de Bountiful. Aucun habitant n’y a encore réservé sa place pour le moment mais Brandon Burningham, directeurs des cimetières municipaux restent convaincus de l’intérêt accru pour les questions écologiques.

 

Plus exotique encore, si le défunt était particulièrement attaché à la mer, l’entreprise américaine Eternal Reefs propose d’utiliser les cendres de crémation pour construire un récif de corail artificiel.

 

Des intérêts économiques et environnementaux offrent de belles perspectives de développement à ces parcs et autres milieux où nos chers défunts se fondent discrètement dans la nature…

 

 

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http://www.developpementdurable.com/insolite/2009/01/A662/votre-dernier-voyage-sera-t-il-ecolo.html

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