Après la crémation, l'arbre de mémoire


Actualité Maine et Loire

Mardi 28 septembre 2004

 

Après la crémation, l'arbre de mémoire

Le premier parc en France inauguré dans le Haut-Anjou, près d'Angers

 

Grâce à l'urne biodégradable, les cendres vont directement aux racines : « L'arbre devient une trace de mémoire », explique Joël Freuchet.

 

Deux industriels angevins viennent d'inventer un nouveau concept pour l'après crémation. Près de Feneu, ils ont réalisé un parc, lieu de recueillement, baptisé « Les arbres de mémoire ». Les cendres de la personne disparue sont versées près des racines. L'arbre perpétue le souvenir.

 

« J'ai perdu des amis proches qui avaient choisi la crémation. J'ai vraiment mal vécu ces moments trop violents, confie Joël Freuchet, l'un des deux associés. Avec l'absence totale de cérémonie, c'est difficile de faire son deuil. Les cendres encore chaudes sont répandues sur des galets, dans un jardin du souvenir. C'est tout. Où est le sens ? »

 

L'idée, peu à peu, fait son chemin. « Nous avons estimé qu'il fallait un lieu de mémoire collectif, par rapport à une dispersion individuelle des cendres, un lieu qui parle, explique Christian du Colombier. Dans la région, certaines communes plantent des arbres pour marquer les naissances. Pourquoi pas des arbres pour les morts ? »

 

Les deux associés font des recherches, notamment sur internet. Ils découvrent les exemples suisses. « Une quarantaine de sites existent déjà. Mais les Suisses ont plutôt une approche de la forêt constituée. Ce mouvement gagne d'ailleurs l'Allemagne. » Ils affinent encore leur projet et décident de partir d'un terrain vierge, avec de jeunes arbres, des allées et des aménagements, pour constituer une forêt naissante.

 

Urne biodégradable

 

Ils trouvent un terrain de 4,5 hectares, entre Feneu et Grez-Neuville, le long de la départementale 191, sur la commune de Pruillé. « Un terrain agricole, sur les coteaux de la Mayenne, avec un paysage caractéristique du Haut-Anjou. »

 

Ils font planter 250 arbres sur deux hectares. Chêne pédonculé, charme, hêtre pourpre, frêne, tilleul, érable plane, autant d'essences présentes en Anjou. Mais aussi, pour la touche méditerranéenne, chêne vert et pin parasol. Et des arbres d'ornement, ginkgo biloba et liquidambar. « À chacun de choisir son arbre, même dans une essence encore différente. Pourquoi pas un séquoia ? Nous ferons un devis ! »

 

Particularité de leur proposition, les cendres ne sont pas dispersées à même le sol, au pied de l'arbre, mais versées dans une urne biodégradable déjà en place. « Les cendres vont ainsi directement aux racines. Au moment de la cérémonie, les proches peuvent y ajouter quelques poignées de terre, pour combler l'urne. » Une plaque est ensuite apposée avec le nom de l'arbre, de la personne et quelques dates.

 

« L'arbre devient une trace de mémoire. Il va évoluer, pousser, se densifier. Il va se développer en même temps que la forêt. » Les deux associés ont élaboré tout un contexte juridique. La jouissance de 30 m2 autour de l'arbre est concédée pour 15,30, 50 ou 90 ans, avec un contrat notarié . La société se charge de la mise en culture et de l'entretien. Prix de base : 750  € pour 90 ans. L'inauguration de ce premier parc se déroule ce mardi. D'autres parcs devraient suivre, pour atteindre une trentaine en France, en partenariat avec les pompes funèbres.

 

« Nous sommes une entreprise, c'est clair. Nous avons déposé des brevets. Nous établissons un règlement. Mais nous apportons aussi du réconfort. Avec un rituel qui permet aux vivants d'accepter ce qui se passe. Nous redonnons du sens à l'après crémation. Et quel plus beau symbole que cet arbre, que cette vie qui continue... »

 

Jean-Michel HANSEN.

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